Patrick Bulidon a aussi et avant tout été coureur cycliste. Quoiqu'il en dise, son palmarès est loin d'être anodin. Route et cyclo-cross, il a su tirer son épingle du jeu. Et il a montré en bonne place à de nombreuses reprises le célèbre maillot blanc et rouge de l'Amicale Cycliste de Clermont. Patrick Bulidon évoque avec nous la course qu'il aurait bien aimé remporter. Explications:
"Parmi les courses que j'ai disputées, effectivement et après mon comportement sur l'épreuve, c'est le championnat de France militaire de cyclo-cross à Panazol dans la banlieue de Limoges que j'aurais aimé remporter. Pour quelles raisons ? Tout d'abord, j'ai eu la chance d'être affecté au 92e Régiment d'infanterie de Clermont-Ferrand. Puis après mes classes, ma deuxième chance a été de rejoindre la 52e Compagnie dont les bâtiments étaient Cours Sablon à 500 mètres de mon domicile familial situé au sommet du viaduc Saint-Jacques. De plus, je suis devenu chauffeur de "Madame la Générale" avec une R16 et immatriculation civile. Mon responsable civil était un adjudant-chef qui jouait au rugby au Stade Clermontois et qui était aussi passionné de vélo.
Cette affectation privilégiée m'a permis de continuer les compétitions, surtout les cyclo-cross. Mes horaires me permettaient de m'entraîner entre 12 heures et 14 heures car en plus, j'avais le privilège de déjeuner à la maison et d'avoir la permission d'y dormir chaque soir !
La chance a voulu que le Général de la caserne soit passionné de sport et comme c'était la saison hivernale durant laquelle j'ai le plus gagné de cyclo-cross, celui-ci était ravi. Chaque lundi matin, il fallait lui faire le compte-rendu de l'épreuve du week-end ! Par contre, si je ne l'avais pas salué, je n'aurais pas eu cette disponibilité. De plus, à cette époque, c'était une période où Clermont Auvergne était présent sur les épreuves, avec mon professeur de maths des années précédentes Clément Martin.
Ces diffusions régulières permettaient à Madame et au Général 3 étoiles de devenir mes deuxièmes supporters après mon père bien sûr. Ils me l'ont prouvé en venant assister aux portes de Clermont-Fd à un cyclo-cross. Le Général était habillé en civil mais pendant l'échauffement, je me suis arrêté pour le saluer et lui dire: Mes respects mon Général. Entendu bien sûr par mes adversaires cyclistes, les mots de fayots ont fusé ! Et pour l'anecdote, j'ai gagné et j'ai remis le bouquet à la femme du Général.
De ce fait, j'étais donc engagé au championnat de France militaire de cyclo-cross sous les couleurs du 52e DM avec les épouvantails du Bataillon de Joinville et de Bourg Saint-Maurice, l'autre réserve de cyclistes, l'ASCAIR n'étant arrivée que plus tard.
Déjà, j'ai failli être interdit de départ car on avait l'obligation d'être logé dans la caserne de Limoges les trois jours précédant l'épreuve. Mais j'avais préféré aller à l'hôtel afin d'avoir de meilleures conditions. Mais lors de la remise des dossards, on m'interdit de participer ! Heureusement, le Général avait demandé à mon adjudant-chef de venir me soutenir, ce qu'il a eu l'occasion de faire en appelant le Général qui, bien sûr, est intervenu et j'ai pu participer.
Quant à l'épreuve très roulante mais boueuse à souhait, j'ai pris un excellent départ comme à l'habitude et pris la tête avec une confortable avance. J'étais survolté. Malheureusement, je tombe à la mi-course et je me fais doubler par un spécialiste de la discipline breton, qui par ailleurs deviendra quelques semaines plus tard champion de France civil ainsi que l'année suivante. Il s'agit de Jean-Michel Richeux. Et je suis ensuite rejoint par Jean-Louis Danguillaume (j'ai une pensée pour lui) et il me bat très largement au sprint. Mais je suis sur le podium devant Daniel Leveau et Régis Ovion notamment.
Lors de la remise des récompenses, le Colonel commandant le Bataillon de Joinville est venu me saluer et m'a demandé si je souhaitais rejoindre son unité. C'est sans réfléchir que j'ai dit non au vu des facilités que je disposais à Clermont-Fd. Le DTN de l'époque était Richard Marillier qui m'a sélectionné pour un stage avec l'Equipe de France à l'INSEP durant dix jours et deux épreuves sous la direction de Robert Oubron.
C'était les débuts également lors de ce stage de Jean-Yves Plaisance qui par la suite m'avait téléphoné pour organiser une épreuve du Challenge National de cyclo-cross (il y en a eu 5 qui ont suivi). Puis le lendemain de ce championnat de France militaire, le Général m'a invité pour me féliciter. A cette occasion, j'ai remis le superbe bouquet à Madame (le Général). J'ai eu droit à un superbe reportage-photos sur deux pages du Journal militaire Terre Air Mer diffusé dans toutes les casernes.Je ne vous explique pas la fierté du Général. Et j'ai passé mes sept derniers mois avec mon habit militaire en tergal.
Voilà pourquoi ce championnat de France m'a donné beaucoup de plaisir. Et quel souvenir de ce podium avec La Marseillaise et l'ensemble du public au garde-à-vous.
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