Le mercredi 8 mars, de Saint-Amand-Montrond à La Loge des Gardes, le peloton de Paris Nice va parcourir la distance de 164,7 kilomètres lors de la quatrième étape de l'édition 2023 de la Course au Soleil. Une étape annoncée comme plate du moins jusqu'à Vichy avant un final plus pentu. Certes, rien d'insurmontable pour des coureurs de ce niveau mais tout de même.
Au quatrième jour de course et au lendemain d'un contre la montre par équipes qui peut provoquer des écarts assez importants, la course peut prendre une tournure inattendue. Ce sont les coureurs qui décident de la course et pas toujours le profil. La partie vallonnée sur le secteur du Montet et les cinquante derniers kilomètres du parcours sont propices à de belles attaques pour aller chercher au moins le gain de l'étape.
C'est ce que nous dit Denis Roudier en fin connaisseur de la compétition cycliste de haut niveau et en connaisseur également du terrain. Il ajoute que "ce final devrait permettre aux grimpeurs de s'exprimer pleinement mais que la partie entre Vichy et La Prugne peut également donner des idées à des baroudeurs tels que Rémi Cavagna notamment qui a d'ailleurs reconnu ce final au début du mois de février".
Pour Axel Chatelus, cette étape peut créer plus de spectacle que d'habitude en milieu de course à Paris Nice. " Je ne pense pas que l'ascension va créer de gros écarts entre les favoris mais certains peuvent se faire piéger car l'approche de la dernière difficulté est très technique" nous confie t-il, lui qui emprunte régulièrement ces routes pour ses sorties d'entraînement de coureur amateur élite. "Jusqu'à La Prugne, il y a un enchaînement de petites difficultés majoritairement sur de belles routes mais une fois le village franchi, le peloton va évoluer sur de petites routes sinueuses et descendantes. L'approche est très piégeuse et le placement dans le peloton au pied de la bosse sera primordial. Cela fait un vrai entonnoir où les premiers seront à pleine vitesse, contrairement à ceux qui, placés au-delà des vingtième ou trentième positions, devront mettre un gros coup de frein" rajoute le cycliste roannais.Corentin Ville qui est aujourd'hui l'un des directeurs sportifs de l'Espoir Cycliste de Saint-Etienne, voit bien une longue bataille pour constituer une échappée qui tentera de se disputer la victoire sur un parcours tracé pour les baroudeurs. " Malgré tout, la Jumbo Visma de Jonas Vingegaard et le Team UAE Emirates dont le leader est Tadej Pogacar, devraient contrôler l'étape pour permettre à leur leader respectif de se disputer la victoire au sommet de la Loge des Gardes. Les leaders ne devraient pas prendre le risque de laisser une échappée aller au bout, et de perdre du temps sur des baroudeurs pour le classement général, lorsqu'on sait qu'il ne reste ensuite que le Col de la Couillole et le Col d'Eze pour reprendre du temps sur ce Paris-Nice 2023".
"Cette arrivée à La loge des Gardes constituera la première occasion pour les favoris de se découvrir ou de se tester. Il s'agit d'une très belle arrivée pour puncheur grimpeur. Ce ne sera pas forcement le vainqueur final qui s'imposera en haut de la Loge des Gardes mais ce sera nécessairement un homme en forme" selon le point de vue de Vincent Garin, aujourd'hui dans l'encadrement de clubs de haut niveau et qui lui aussi connaît bien le secteur. "Les favoris voudront prendre position vis à vis de leur adversaires directs. Néanmoins, en fonction du classement général et du contre la montre de la veille, les grosses équipes chercheront peut-être à contrôler et à cadenasser la montée. Il n'y aura pas forcement des gros écarts à l'arrivée mais cette belle montée peut donner quelques idées aux attaquants et aux coureurs ayant perdu du temps sur les premières étapes" tient-il à rajouter.
"Je vois une arrivée à une quinzaine de coureurs et ce n'est pas certain que ce soit un pur grimpeur qui gagne l'étape". C'est ce que pense Yves Bonnamour, l'ancien professionnel auvergnat aujourd'hui installé en Bretagne, et père de Franck Bonnamour que l'on espère au départ de l'épreuve dimanche depuis La Verrière dans les Yvelines. "L'étape de la veille disputée en contre la montre par équipe, même avec un classement au temps réel pour chaque coureur, va établir un classement ou déjà peu de coureurs seront dans le même temps, mais aussi certains déjà attardés. Beaucoup d'équipes voudront lancer des équipiers dans la ou les premières échappées pour ne pas avoir à travailler et/ou avoir un point d'appui dans le final". C'est également ce que pense Alexandre Jamet, coureur amateur élite de l'EC St-Etienne Loire.
Pour Nicolas Vogondy, il y a 2 scénarios possibles. " Les lendemains de chronos sont toujours un peu aléatoires car le classement général commence à se dessiner pour les favoris et il n’est pas impossible qu’il y ait deux courses en une ! Une échappée de coureurs non dangereux pour le classement final prenne le large et se dispute la victoire. Quant aux leaders, ils peuvent se neutraliser et faire la course que dans le final". Ou alors "une échappée de quelques coureurs part dès le début de course en prenant une courte avance et les équipes de leaders contrôlent afin de mettre leurs leaders sur orbite dès le pied du col et s’expliquent pour l’étape et le général ! ".





